C’est fait. Le 17 septembre 1999, à Sorges, le Phénix a
remué ses ailes un peu raidies par 37 ans de sommeil. L’enthousiasme a
redonné à tous une seconde jeunesse et la journée a été belle.
Dès la veille, vers 17 heures, le jardin de l’auberge de
la Truffe a été le cadre d’une invasion (pacifique) d’une espèce que
l’on avait, imprudemment, cru disparue ; les marsouins du 15°RTS
faisaient leur réapparition. Un peu blanchis certes, les anciens
sénégalais avaient encore bonne allure, sous le regard attendri des
épouses présentes dont la patience fut mise à rude épreuve. Il leur
fallut attendre un long moment avant de pouvoir enfin aller s’asseoir
car les marsouins prouvèrent qu’ils savaient encore palabrer…
La réunion commença en fait dès le premier soir et
l’ambiance fut immédiatement chaleureuse autour des tables.
Le lendemain matin, faute de petit train, ce fut la
séance de cinéma qui permit de revoir des visages et des paysages bien
connus grâce aux photos de tous et au film de Madame Menut sur Collo.
Ce fut enfin la réunion. Certains se retrouvaient
après une interruption de plus de 40 ans… « Ah non, tu n’as pas trop
changé ; je crois que je t’aurais reconnu » etc.…
Après avoir vigoureusement satisfait à la tradition de
la Coloniale, les 32 convives firent un sort au repas périgourdin qui
restera, lui aussi dans les mémoires.
Le temps passa vite, trop vite…et quelques-uns durent
repartir alors que le gros de la troupe, emmené par le guide local
Jean-Louis Héritier, se dirigeait vers le lieux du supplice d’une oie
« désignée volontaire »…La pauvre bête apparemment rassasiée et après
une nouvelle séance de cinéma, ce fut l’heure des emplettes…de foies
gras et autres produits de régime. Rude journée pour d’anciens
coloniaux !

Le soir, le repas fut plus léger pour les rescapés de
cette première journée qui prirent quand même des forces pour le
lendemain. On ne sait jamais.
Au matin du samedi, rassemblement (8h30 précises) et
embarquement dans le car pour la Dordogne profonde sous l’œil vigilant
du guide. Après un circuit touristique bien rempli, il fallut remplir
également les estomacs ; ce qui ne manqua pas d’être fait et bien fait à
Beynac, sur les bords de la Dordogne.
Sur le chemin du retour, après une petite halte au
cingle de Montfort, il ne resta plus qu’à admirer le paysage en écoutant
les commentaires et anecdotes de Jean-Louis Héritier qui sut aussi bien
raconter l’histoire des châteaux du Moyen-Age, que narrer avec humour
les petites « histoires locales ». Qu’il soit remercié de nous avoir si
bien fait connaître et apprécier sa belle région.
Un dernier dîner inattendu, mais excellent, « chez Didi »
et chacun est parti pour une nuit paisible et réparatrice… qui ne fut
troublée que par la sarabande effrénée de joyeux fêtards célébrant un
mariage. La sono était si puissante qu’un malheureux bébé abandonné dans
une chambre, en vint à hurler à son tour…( de terreur sans doute) Il
serait cruel de décrire la tête des marsouins le lendemain matin ; nous
ne le ferons donc pas.
Il est évident que ce n’est pas ce souvenir que nous
garderons de nos deux jours passés à Sorges.
C’est bien plutôt le plaisir d’avoir retrouvé, un court
instant, « quelques souvenirs de nos 20 ans… »