Ambiance régnant au 15ème RTS en 1956, d’après un rapport sur le moral rédigé par le lieutenant-colonel Rougès commandant le 2ème Bataillon:
« Malgré une fatigue nerveuse surtout perceptible chez les Africains due au fait que le Bataillon opère depuis plus d’un an dans des zones de forêts et de broussailles denses, le moral est bon dans l’ensemble.
Cadres et troupe y ont du mérite, car l’activité opérationnelle soutenue consentie par tous, sans aucune restriction, se développe sans enthousiasme dans une atmosphère lourde, morne.
De retour au poste ou au cantonnement le militaire n’y trouve rien de ce qui justifie ou fait oublier fatigues et dangers. Au contraire, s’il veut s’évader de l’humanité en kaki il se heurte à des visages fermés voire hostiles, à un mur de silence indifférent ou haineux. Ses élans d’affection ne se manifestent que vis à vis des enfants toujours prêts à accepter friandises ou monnaie sans la contrepartie d’un
sourire ou d’un merci désintéressé.
Je crois que c’est là l’essentiel de ce rapport.
Ce massif montagneux, boisé, sans population française de souche, sans français musulmans évolués, écrase les jeunes malgré leurs efforts pour réagir.
Une relève dans une contrée plus riante serait bien accueillie et aurait le meilleur effet sur le moral du Bataillon. »
Il faudra malheureusement attendre la dissolution du régiment pour que ce souhait soit exaucé…six ans plus tard.