15ème RTS et 75ème RIMa

  

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Le p'tit journal du 15ème RTS
     Rédacteur : J. Martin                                                       Mise en page : C. Grech

 

Nouvelles. Sports. Gastronomie
  Anniversaires. Mariages. Naissances.
 Jardinage. Bricolage.
Edition N° 13
Mois d'Avril 2008
Anniversaires
Paul Houdry, 26 Avril

                                                                                                Devoir de mémoire ?

                Il est de bon ton de pratiquer aujourd’hui le « devoir de mémoire » et personne ne peut échapper à ce qui semble être devenu un exercice obligatoire.     
               Qui s’en plaindra ? personne bien sûr, à condition que cette fameuse mémoire ne soit pas une mémoire sélective.
               Passons sur la fâcheuse obligation d’une repentance à sens unique…et examinons le regard porté sur les victimes des différents conflits.
               Chacun sait que les morts n’ont apparemment pas la même importance selon le conflit qui aura occasionné leur décès.
                La Guerre 14 x 18 et la Guerre 39 x 45 ne portent pas à contestation et ces guerres « convenables » voient leurs morts honorés. Rien de plus légitime. 
              Tout vient se gâter avec les « sales guerres » et les morts d’Indochine et d’Algérie, dont on ne se souvient qu’avec retenue et parfois une certaine   gêne.     
               Et pourtant, ces hommes ont perdu la vie au service de leur pays, que la guerre ait été bonne ou mauvaise.
               Faisons un petit effort de mémoire…

               Guerre d’Algérie : 30236 morts (22319 au combat, 7917 par accidents)
                   - - - - - - - - - - - : 64985 blessés (35615 au combat, 29370 par accidents)
              Si les morts sont relativement honorés, il n’en est pas de même des blessés dont personne ne semble se soucier. Qui en parle ? Silence radio.
              Qui a une pensée pour ceux dont la vie a été gâchée ? qui ont souffert et qui souffrent encore.
              Ceux qui ont été défigurés, amputés, « charcutés »…pour avoir servi leur pays ?
              Ceux qui ont tout perdu… ?
              Ne méritent-ils pas que nous pensions à eux ?

Sachons, nous les Anciens, ne pas les oublier, et leur accorder dans notre mémoire la place qu’ils méritent.

Jacques Martin


Reconnaissez vous les personnages ?

Photo prise à Phillipeville en 1954 et envoyée par  Mme Marie-Hélène Fouarge.

                                                           Une école à Boudoukha ! Mi-octobre 1956 !
                                                              
Suite
                                       
Un aspirant raconte, comment est née, en Algérie, sa vocation d'enseignant

École Boudoukha, 56, 57
                    
Cet intérim sera pour moi un apprentissage et me mènera dès mon retour à la vie civile à devenir instituteur dans les Alpes-Maritimes pendant plus de 30 ans, dont 26 en tant que directeur d’école.
Mon périple de 4 jours à Collo et Constantine pour ouvrir une école à Boudoukha à l’automne 1956, aux résultats décevants, n’ont été que les signes avant-coureurs de démarches comparables qui allaient durer toute ma carrière dans l’Education Nationale, et cela pour que mon école marche bien.
                     Je n’en ai pas eu les palmes académiques, ni l’honorariat, mais il m’est plus agréable, dans ma 19ème année de retraite, de m’entendre interpeller amicalement dans la rue par d’anciens élèves, dont quelques-uns sont grand-parents. Amitiés de plus de 30 ans ! Certains d’entre eux, peut-être les plus nombreux, étaient à l’époque de leur scolarité primaire, extra métropolitains, voire de pays plus lointains.
                    Mais revenons à l’école de Boudoukha et à son lent, hésitant et laborieux démarrage, du moins pour les premiers jours. Notre enseignement se limitait, et pour cause, à apprendre à lire, à écrire et à compter dans ce que l’on peut appeler du dégrossissage. Le point de départ étant le plus souvent les prénoms de nos élèves et la méthode syllabique, j’y resterai toujours fidèle.
                   Aux récréations nous avions deux ballons et quelques balles de tennis, ainsi qu’un filet que deux Marseillais du Contingent avaient placé dans la cour. Cela suffisait à occuper tous les enfants. Il y avait le football, la balle au camp, jeu de mon enfance à l’Ariane, quartier difficile (de tout temps) de Nice, aujourd’hui ZEP. C’est là que sont casés les « nouveaux arrivants » ; pour 2006/2007, les Tchétchènes.
                  En classe, nous avions préparé des exercices à trous et des opérations simples ; à la fin du 3ème mois, avec retenue pour les meilleurs. Cela nous donnait du temps pour les plus lents ou les plus jeunes. Pour ceux qui avaient le même prénom (ou presque) notre regard était déterminant ; les récréations à rallonges des 2 premières semaines nous ont rapidement appris les prénoms, mais aussi les affinités et quelques dissensions.
                 La guerre larvée en cours, avait fait quelques orphelins. Nous ne l’apprîmes qu’incidemment. Dans notre démarche enseignante, nous changions totalement de casquette et rien de militaire ne se mêlait à nos cours, sauf l’habit, évidemment.
                  Que dire de notre pédagogie ? C’était assez rudimentaire et répétitif et relevait surtout du rabâchage ; peut-être que je mélange un peu avec ma carrière en France, mais sauf à ne pas témoigner, comment ne pas en prendre le risque ?
                   Je faisais classe le matin et Duranton l’après-midi. Pour ce que je peux dire de mon « collègue », je dirais que plus grand et plus costaud que moi, du point de vue présence, il en imposait plus que moi. Notamment au tableau noir où avec sa baguette, il était magistral. Il était consciencieux et humain. Pour ce qui me concerne, je devais être plus tatillon, ce qui devait me donner l’avantage pour l’écrit. Il possédait bien l’oral ; sa voix portait mieux que la mienne.
                  Nous étions tous les deux rigoureux jusqu’au scrupule pour les 3 heures où les enfants nous étaient confiés. Leur engouement à venir assidûment à l’école nous prouvait que nous ne mélangions pas les genres et que la confiance s’était établie. Quelques rares pères rencontrés incidemment nous parlaient sobrement de l’école ; à notre connaissance, nous n’avons jamais entendu parler de boycott, bien que le Massif de Collo était réputé rebelle par la rumeur.
                   Les familles nous envoyaient des enfants chichement vêtus, mais propres et avec des vêtements bien entretenus. Au vu de la précarité de la situation matérielle de la plupart d’entre eux c’était plus que méritoire. Duranton et moi en étions admiratifs et fiers.
                   Les cahiers n’allaient à la maison que finis ; ils n’en revenaient pas ; c’était convenu. Nous n’avions ni bons points, ni images, mais quelques paquets de bonbons. Nous veillions à encourager les méritants, mais personne n’en était privé. Ceux qui n’en recevaient pas en classe avaient toujours un motif pour nous, au cours des jeux extérieurs où il nous a fallu, dès le début, endiguer une expansivité que nous ne pouvions imaginer. Cela en disait long sur les contraintes imposées par les circonstances du moment, sur le vécu des plus démunis ou déshérités du Bled
                  Lorsque l’instituteur métropolitain, titulaire du brevet élémentaire, (et non du BEPC, comme il a été dit) nous a remplacé au pied levé, début février 1957, des progrès avaient été faits ; ils nous étaient perceptibles. Si, du point de vue pédagogique il y avait très certainement à améliorer, voire à changer, la bonne assiduité, l’ambiance et la dynamique d’une classe existaient déjà bel et bien ; ce qui a fait gagner bien du temps à notre successeur toulonnais.
                 Il a été hébergé par la 7ème Compagnie, et j’ai retrouvé ma section à plein temps. Nous étions la compagnie opérationnelle du Bataillon, ce qui a fait que les consignes et informations d’usage passées, je n’ai plus guère eu l’occasion de voir mes anciens élèves, et rarement l’instituteur.
               

                                                                                                                                                                            L'Aspi, Nikéa.
                                                                                                                    A suivre

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Paris, quai de Branly, monument national érigé
 en mémoire des victimes de la guerre d'Algérie.
 

Photo envoyée par Mme Nicole Lepauvre, épouse Sinquin,
dont le frère Michel Lepauvre, est tombé dans une
embuscade dans le massif de Collo, en Novembre 1961